Newsletter 2/2025

AppElle! – Fin du projet et suite avec le nouveau numéro national d’aide aux victimes

Après exactement six années d’activité, AppElle!, la ligne d’urgence des maisons d’accueil du canton de Berne, a décroché son derni-er appel téléphonique fin octobre. Le canton a décidé de confier la mise en œuvre du numéro national d’aide aux victimes à deux autres prestataires.

Les chiffres relevés de 2020 à juin 2025 démontrent qu’un service pro-fessionnel, accessible et disponible 24h/24 répond à un besoin réel conséquent : au total, 14 500 appels ont été reçus au cours de ces an-nées, 3 214 femmes victimes de violence ont bénéficié d’une première consultation, et 693 ont trouvé refuge dans une maison d’accueil ou un autre hébergement d’urgence. Les nouveaux prestataires pourront bénéficier du transfert d’expérience et de savoir-faire acquis depuis toutes ces années.

À partir du 1er novembre 2025, le mandat de la ligne téléphonique cen-trale d’assistance aux victimes a été transféré : en semaine, au Centre LAVI de Berne et en dehors des heures de bureau, à La Main Tendue. Jusqu’à l’installation du numéro court 142 en mai 2026, le numéro AppElle! 031 533 03 03 sera redirigé vers ces deux organisations. La maison d’accueil de Berne – la seule du canton disposant d’un ser-vice 24h/24 et 7j/7 – assure un service de piquet spécialisé pour les bénévoles de La Main Tendue.

Nous adressons nos plus sincères remerciements à toutes et à tous pour leur précieux soutien, et tout particulièrement aux collaboratrices engagées qui ont, avec beaucoup de cœur et de professionnalisme, assuré le bon fonctionnement de la hotline AppElle! durant toutes ces années.

Violence et handicap : lever les obstacles à la protection

La campagne de prévention « 16 jours contre la violence basée sur le genre » aura lieu, comme chaque année, du 25 novembre au 10 décembre prochain. Le thème central de cette édition est « Violence de genre et handicap ». Vous trouverez le calendrier des événements sur le site www.16jours.ch.

Afin que les femmes* concernées par la violence puissent trouver rapidement refuge et sécurité dans les situations d’urgence, un accès facilité aux maisons d’accueil est essentiel. Or, pour certains groupes marginalisés – notamment les femmes* en situation de handicap – ces foyers sont souvent difficilement, voire pas du tout, accessibles. Pourtant, de nombreuses études internationales montrent clairement que les femmes en situation de handicap sont nettement plus sou-vent victimes de violence domestique* que l’ensemble de la popula-tion féminine*.

De nombreux obstacles compliquent encore l’accès aux maisons d’accueil : les informations sur les structures de protection existantes sont la plupart du temps disponibles sous forme écrite, ce qui con-stitue une barrière visuelle pour les femmes* malvoyantes. De même, le contact téléphonique représente une difficulté pour les femmes* malentendantes, qui disposent donc de moins de canaux de commu-nication pour joindre les maisons d’accueil en cas d’urgence. Enfin, les obstacles architecturaux – comme les escaliers ou les marches à l’in-térieur même des maisons d’accueil – rendent l’accès difficile, voire impossible, aux femmes* ayant une déficience motrice ou visuelle.

20 novembre – Journée internationale des droits de l’enfant

La Suisse a ratifié en 1989 la Convention internationale des droits de l’enfant. Ce texte, composé de 54 articles, repose sur quatre principes fondamentaux : le droit à l’égalité, le droit au respect et à la prise en compte de l’intérêt supérieur de l’enfant, le droit à la vie et au dévelop-pement, ainsi que le droit d’exprimer son opinion et de participer aux décisions qui le concernent.

Ces droits sont souvent mis en péril lorsque les enfants subissent ou sont témoins de violences domestiques. L’exposition à la violence peut avoir des conséquences graves sur leur développement : troubles du sommeil, difficultés de concentration à l’école, douleurs corporelles, entre autres. Pourtant, un grand nombre d’enfants restent concernés. En Suisse, chaque année, la moitié des personnes hébergées dans les maisons d’accueil sont des enfants.

C’est pourquoi ils doivent être reconnus comme des victimes à part entière et bénéficier d’un accompagnement adapté à leurs besoins spécifiques. Dans cette optique, la DAO (organisation faîtière des maisons d’accueil de Suisse et du Liechtenstein) a élaboré une charte dédiée aux enfants hébergés en maison d’accueil. La publication offi-cielle de ce document a été accompagnée d’un plaidoyer adressé aux autorités, afin que le travail mené en faveur des enfants soit reconnu et valorisé, au même titre que celui réalisé auprès des femmes victimes.