16 jours contre la violence faite aux femmes : le féminicide, une thématique lourde
Cette année, 14 femmes (état fin octobre 2022) ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire en Suisse. Chacune d’entre elles est une de trop, laissant derrière elle des proches et éventuellement des enfants qui, du jour au lendemain, perdent leurs deux parents et sont gravement traumatisés.
La plupart des féminicides ont lieu dans un contexte de violence domestique. Les femmes qui cherchent de l’aide, qui annoncent leur intention de se séparer ou qui viennent de se séparer sont particulièrement exposées. C’est précisément dans ces moments sensibles que nous, collaboratrices de Solidarité femmes, sommes en contact avec ces femmes : elles reprennent des forces, s’informent de leurs droits, décident de sortir du cercle vicieux de la relation violente. Dans chaque entretien, nous traitons donc en priorité la sécurité de la femme et de ses enfants. Nous devons nous appuyer sur les descriptions de la femme, mais nous disposons également d’outils d’analyse des risques pour évaluer le potentiel pour un auteur de commettre des violences graves, voire un meurtre. Les facteurs à haut risque sont notamment un changement qualitatif de la violence au cours des six derniers mois (comportement plus brutal), la possession d’armes, la formulation de menaces de mort ainsi que des délits antérieurs de l’auteur contre la vie et l’intégrité corporelle de tiers. Si nous arrivons à la conclusion que notre cliente est fortement menacée, nous lui conseillons de prendre des mesures de protection et de sécurité strictes, de séjourner dans une maison d’accueil pour femmes, de demander une interdiction de contact et de s’approcher pour l’agresseur. De plus, avec l’accord de la cliente, nous contactons le service de gestion des menaces de la police cantonale bernoise, qui nous conseille sur la marche à suivre et qui, contrairement à nous, peut entrer en contact avec l’auteur, par exemple en le convoquant pour un entretien.
Même dans le cas où une femme retourne chez son partenaire ou dans son propre appartement à l’encontre de nos conseils, nous pouvons lui proposer des conseils de comportement ainsi qu’une représentation par un·e avocat·e afin de se protéger le mieux possible contre de nouvelles agressions et de se mettre à temps en sécurité. Si des enfants sont en danger, nous prévenons l’APEA.
Ces mesures permettent de réduire le risque de féminicide.
Mais toutes les femmes n’ont pas accès à l’aide à temps, loin de là.
Afin d’empêcher d’autres drames, des mesures supplémentaires sont nécessaires au-delà du cadre de l’Aide aux victimes : davantage de places de protection pour les femmes en danger et leurs enfants, le développement du travail avec les auteurs de violences, un travail de prévention et de sensibilisation à grande échelle ainsi qu’une réflexion critique sur les rôles des sexes à l’école, un durcissement de la législation sur les armes, la mise en œuvre conséquente de la Convention d’Istanbul en Suisse, une couverture médiatique sensibilisée et, last but not least, l’égalité des sexes à tous les niveaux.
Outre Solidarité femmes, différentes organisations et groupements s’engagent pour cette thématique et la rendent visible du 25.11. au 10.12.2022 dans le cadre des 16 jours contre la violence. A Bienne et dans toute la Suisse, des actions et des manifestations sont prévues pour aborder le thème du féminicide de diverses manières.
Vous trouverez de plus amples informations à ce sujet sur https://www.16jours-bielbienne.ch/
Venez donc nous rencontrer le samedi 26.11.2022 de 9h à 12h au stand d’information dans la vieille ville de Bienne ! Nous nous réjouissons de vous y accueillir !